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Pourquoi ne pas laisser pleurer bébé tout seul

février 28, 2015

Pleurer fait du bien, tout le monde le sait.
Pourtant les pleurs ne sont pas les bienvenus dans notre société : que l’on soit adulte ou bébé, on nous apprend qu’il ne faut pas pleurer.
Exemple avec un enfant qui se fait mal : “ne pleure pas, c’est rien…” “c’est les filles qui pleurent” “allez t’es un grand, tu ne pleures pas…”


Autant de phrases anodines qui pourtant empêche de pleurer. Résultat, l’enfant n’aura pas laissé sortir sa douleur, sa peur, etc… et il va les garder pour lui, ce qui pourra se traduire plus tard par des angoisses !

Gérer les pleurs de son bébé : laissez le pleurer, mais dans vos bras !

J’ai découvert le célèbre livre « Mon bébé comprend tout » d’Aletha Solter, psychologue et biologiste.
C’est un livre passionnant qui est une vrai révélation. Je comprend mieux certaines réactions de bébé.
Un chapitre est consacré aux pleurs de bébé. Aletha explique que pleurer est une fonction du corps qui permet d’évacuer les tensions accumulées et ainsi qu’il retrouve son équilibre.
Donc si l’on empêche son bébé de pleurer, on l’empêche d’évacuer ses émotions, ses frustrations.
Attention, il faut distinguer les 2 types de pleurs : ceux qui sont à l’origine de besoins primaires (faim, soif, changer la couche, douleur…) et les autres.

Les autres, c’est quand votre bébé pleure alors qu’il n’y a pas de raison apparente. Et au lieu de lui dire qu’il ne faut pas pleurer et lui mettre la sucette pour qu’il arrête, Aletha propose de l’accompagner et de le laisser pleurer pour qu’il ne garde pas en lui ce mal qu’il a besoin d’exprimer.
Bébé peut avoir besoin de se décharger de sa journée, d’un moment fort en émotion, d’une peur, d’une angoisse… et même de l’accouchement selon comment il s’est passé.
Mais si on l’en empêche, ses angoisses s’accumulent, et justement la sucette et le doudou deviennent des “automatismes de contrôle”. Bébé va alors mettre toutes ces émotions dans ces objets de substituts, c’est pourquoi bébé a du mal à s’en passer après… Il devient dépendant de sa sucette et de son doudou qui eux arrivent à le calmer…

Après la théorie, j’ai testé la pratique lors d’un atelier des pleurs organisé par l’association Coeur de famille au Pays basque à Anglet et animé par une psychologue, Chloé Saint Guilhem.
J’ai donc appris à gérer les pleurs de bébé : tout d’abord il faut s’assurer que tous les besoins de base ont été assouvit. Ensuite, on le prend dans ses bras pour qu’il ne soit pas seul et qu’il se sente en confiance.
Cela peut durer 5 minutes, 1 heure… Ca dépend son besoin d’évacuer à ce moment là.
C’est très dur de voir son bébé pleurer sans le consoler, c’est très impressionnant. Il se tortille dans tous les sens, il faut alors le garder tout contre soi et lui parler doucement en lui expliquant qu’il peut pleurer, qu’on est là pour lui.
C’est difficile car cela réveille en nous beaucoup de choses, car nous on ne nous a pas laissé pleurer… Et c’est là que l’on se rend compte comme c’est important de pouvoir être là pour son enfant et d’accueillir ses pleurs.
On lui montre ainsi qu’on l’aime dans tous ses états, que même quand il pleure, qu’il a un chagrin, il peut compter sur nous.

Cela faisait plusieurs nuit que bébé se réveillait. J’ai essayé cette technique d’écoute bienveillante, un soir avant qu’elle se couche, au lieu de lui mettre la tétine alors qu’elle commençait à pleurer, je l’ai prise dans mes bras et j’ai cherché à croiser son regard. Quand bébé n’arrive pas à nous regarder sereinement, qu’il fuit notre regard, c’est qu’il s’agit bien de pleurs de décharge et qu’il en a besoin. Si elle était fatiguée et qu’elle voulait dormir, elle se serait endormie dans mes bras.
Pratiquement une heure de pleurs à chaudes larmes… Pendant cette heure difficile, elle pleurait tellement que je la faisait boire, et ce qui était incroyable c’est qu’elle s’arrêtait de pleurer pour boire et après elle reprenait de plus belle. C’est là que j’ai compris qu’elle avait vraiment besoin de pleurer.
Après elle s’est endormi (de fatigue) et a fait une nuit complète ! Le lendemain on était même étonné avec son papa car elle s’est réveillée plus tard que d’habitude…

Aujourd’hui dès je sens que bébé en éprouve le besoin, je le laisse pleurer. Pour être sûr que ce n’est pas un pleur qui signifie un autre besoin, je le fait après que bébé ai mangé et bu, la couche changée etc…

Ne laissez pas pleurer bébé tout seul

Mais attention, on ne laisse pas bébé pleurer tout seul surtout ! Des études ont démontré que contrairement aux idées reçues, répondre au besoin de bébé rapidement n’en fait pas un enfant capricieux. Au contraire, c’est en laissant pleurer bébé tout seul qu’il développe des frustrations et des colères. (mais à l’inverse il ne faut pas anticiper ses besoin 😉
Bébé va alors croire qu’il est abandonné, qu’il est seul, et il ne va pas pouvoir faire le lien en se disant par exemple : maman ne vient pas car elle est fatiguée par exemple.
Non, à la place il va se dire que dans la vie quand il appel au secours, personne ne vient.
Alors oui au bout de quelques jours, à force de ne pas venir le secourir, bébé va arrêter de pleurer et vous penserez que vous avez gagné, que bébé a compris qu’il ne faut pas pleurer la nuit.

Mais bébé aura perdu sa confiance en lui. Il va douter de lui, de la vie. Et va à la place se réconforter avec son doudou et sa tétine, et après vous allez lui reprocher qu’il est toujours collé à eux…
Pourtant c’est bien eux qui étaient là quand il en avait besoin.

Faites le test et vous verrez qu’un enfant à qui l’on a donné la possibilité de se décharger dans la journée dormira bien mieux et fera ses nuits ! Il aura de moins en moins besoin de doudou et de sa tétine.
Vous allez vous apercevoir même qu’il sera plus détendu la journée, plus concentré dans ce qu’il fait.

C’est loin d’être facile car cela nous renvoie nos propres angoisses et peurs quand on laisse pleurer bébé dans ses bras.
C’est peut être le bon moment pour se libérer soit même de ses frustrations et de commencer à travailler dessus.
Car comme on dit si justement, avant de pouvoir s’occuper des autres, il faut d’abord s’être occupé de soi…

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2 Comments

  • Reply Emilie avril 30, 2015 at 6:34

    C’est tellement vrai… je n’avais jamais constaté ça avec son grand frère et sa grande soeur, ou peut-être n’y avais-je pas assez prêté attention, mais je me rend compte aujourd’hui que mon Bébé Bulles à besoin de pleurer, il crache la tututte, il ne se tord pas de douleur (colique), il ne cherche pas le sein… Il pleure et ça le soulage, parce que apres une dizaine de minutes, tout d’un coup il s’apaise, se relâche et bien souvent s’endort. C’est impressionnant, c’est parfois difficile (pour moi en tout cas), ça peut être très fort! Mais ensuite, quel calme, quelle sérénité sur son visage!

    • Reply Soline mai 6, 2015 at 6:15

      On cherche toujours des raisons aux pleurs, alors qu’ils ont juste besoins de se libérer des tensions accumulées dans la journée ! 🙂

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