Il m’a permis ou permit : pourquoi le passé composé s’écrit avec un s

Après l’auxiliaire avoir, on écrit « il m’a permis », avec un s : c’est le participe passé de permettre. « Permit » existe aussi, mais uniquement au passé simple, sans auxiliaire : « il me permit de partir ». Choisir entre les deux revient donc à identifier le temps de la phrase.

Permis ou permit : tout dépend du temps du verbe

« Permis » est un participe passé. Il s’emploie dans les temps composés, c’est-à-dire avec un auxiliaire : « il m’a permis », « elle nous avait permis », « ils auront permis ».

« Permit » est la forme de la troisième personne du singulier au passé simple. Il se rencontre dans les récits écrits : « il me permit d’entrer ». Deux phrases côte à côte montrent la différence : « Il m’a permis de venir » (passé composé) et « Il me permit de venir » (passé simple).

La faute « il m’a permit » mélange les deux : l’auxiliaire avoir appelle le participe, donc la forme en -s.

Le participe passé permis après l’auxiliaire avoir

Selon Larousse, le participe passé de permettre s’écrit permis au masculin, permise au féminin singulier et permises au féminin pluriel. La forme « permi », sans consonne finale, n’existe pas.

Avec avoir, ce participe suit la règle générale : il s’accorde seulement avec le complément d’objet direct placé avant le verbe, jamais avec le sujet. On écrit donc « nous avons permis », « tu avais permis » ou « vous aurez permis » sans rien changer. Pour revoir tous les temps où cette forme apparaît, le tableau des temps simples et composés en donne la liste complète.

Permit, la forme du passé simple

Au passé simple, permettre se conjugue ainsi, d’après Larousse : je permis, tu permis, il permit, nous permîmes, vous permîtes, ils permirent.

Le piège vient de la première personne : « je permis » s’écrit comme le participe « permis ». Seul le contexte tranche : sans auxiliaire devant, c’est le passé simple.

Une autre forme se prononce comme « permit » : le subjonctif imparfait « qu’il permît », avec un accent circonflexe. On la trouve dans des phrases soutenues, comme « il fallait qu’il permît l’accès ».

Deux astuces pour vérifier sans hésiter

La première astuce consiste à chercher l’auxiliaire. S’il y a « a », « avait » ou « aura » juste avant, le participe passé s’écrit permis, jamais permit.

Cahier d'école avec une liste de conjugaison écrite à la main

La seconde remplace le verbe par un verbe du premier groupe, comme autoriser. « Il m’a autorisé » se termine par un son é : c’est un participe, donc « il m’a permis ». « Il m’autorisa » correspond au passé simple, donc « il me permit ».

Mettre, promettre, admettre : la même règle pour toute la famille

Les verbes construits sur mettre fonctionnent comme lui. Larousse donne pour mettre le participe « mis » et le passé simple « il mit ». On retrouve la même alternance avec promettre (il a promis, il promit), admettre (il a admis, il admit) ou transmettre (il a transmis, il transmit).

Retenir cette alternance évite de réviser verbe par verbe. Le même type d’hésitation existe pour d’autres terminaisons, par exemple entre venu et venue.

Faut-il accorder permis ? Le cas de permettre de

Dans « elle m’a permis de venir », le pronom « m’ » est un complément indirect : on permet quelque chose à quelqu’un. Il n’y a pas de complément direct placé avant le verbe, donc permis reste invariable.

La Vitrine linguistique de l’OQLF illustre ce principe avec « elle leur a parlé du projet » : le pronom est indirect et le participe ne bouge pas. Le détail de l’accord est traité dans l’article sur l’accord de permis avec le complément.

Exemples corrigés pour s’entraîner

Voici quelques phrases corrigées, chacune avec sa justification.

  • « Votre stage m’a permis de découvrir le métier » : auxiliaire avoir, participe en -s, comme dans une lettre de motivation.
  • « Le roi lui permit de repartir » : pas d’auxiliaire, passé simple d’un récit.
  • « Mes parents m’ont permis de sortir » : participe invariable, le complément est indirect.
  • « Il admit son erreur » : passé simple d’admettre, sur le modèle de « il mit ».

Lettre manuscrite corrigée au stylo rouge sur un bureau

Pour relire un courrier ou un devoir avant de l’envoyer, des correcteurs d’orthographe gratuits signalent ce type de confusion entre participe et passé simple.

Dernier point de contrôle : si une phrase ne contient aucun auxiliaire et raconte un fait passé, « permit » est possible. Dans tous les autres cas, il s’agit de « permis ».

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