Proxima est un logiciel de gestion de tutelle utilisé par les associations tutélaires et les mandataires judiciaires à la protection des majeurs (MJPM) pour administrer les mesures de protection. Mon Proxima désigne le portail web qui permet aux majeurs protégés et à leurs proches de consulter les informations liées à leur mesure. En 2026, plusieurs évolutions réglementaires et techniques modifient la manière dont ces outils structurent le travail quotidien des associations.
Décret n° 2024-659 et contrôle des comptes de gestion : ce qui change dans Proxima
Le décret n° 2024-659, applicable depuis le 1er janvier 2025, a réorganisé le contrôle des comptes de gestion des majeurs protégés. Le contrôle est désormais confié à un professionnel qualifié désigné dès le jugement d’ouverture de la mesure.
L’exercice comptable est harmonisé du 1er janvier au 31 décembre. Le compte de gestion doit être transmis avant le 31 décembre de l’année suivante, ce qui impose un calendrier strict de clôture interne pour chaque association tutélaire.
Proxima structure le dossier autour de plusieurs pièces numériques classées dans sa GED (gestion électronique de documents) :
- Le jugement d’ouverture ou de renouvellement de la mesure, qui fixe le périmètre de la protection
- L’inventaire du patrimoine et les conventions bancaires avec mandats de télétransmission
- Le document individuel de protection (DIP), obligatoire pour formaliser les objectifs d’accompagnement
Ce classement documentaire sert directement le professionnel qualifié chargé du contrôle. Plutôt que de reconstituer un dossier papier, l’association exporte les pièces depuis Proxima dans un format exploitable. Le gain porte sur la traçabilité : chaque document est horodaté et indexé au dossier du majeur.

Télétransmission bancaire et comptabilité dans Proxima pour associations tutélaires
La télétransmission bancaire est le mécanisme par lequel Proxima échange des données avec les établissements bancaires sans ressaisie manuelle. Les virements, prélèvements et relevés transitent par des protocoles sécurisés.
Pour une association tutélaire qui gère plusieurs centaines de mesures, la suppression de la double saisie représente un volume d’heures significatif. Proxima rapproche automatiquement les opérations bancaires avec les écritures comptables du dossier, ce qui réduit le risque d’erreur sur les comptes de gestion annuels.
Préparation du compte rendu de gestion (CRG)
Le compte rendu de gestion est le document transmis au professionnel qualifié ou au juge. Proxima agrège les écritures de l’exercice, les classe par catégorie (ressources, dépenses courantes, dépenses exceptionnelles) et génère un document prêt à l’envoi.
L’association n’a plus à compiler manuellement les justificatifs. Les pièces scannées et stockées dans la GED sont rattachées aux écritures correspondantes. Ce lien entre comptabilité et documents justificatifs est le point central du logiciel pour répondre aux exigences du décret n° 2024-659.
Mon Proxima : portail d’accès pour le majeur protégé et ses proches
Mon Proxima n’est pas un logiciel à télécharger. C’est une application web accessible depuis un navigateur, sur ordinateur, tablette ou téléphone. Le majeur protégé ou un membre de sa famille se connecte avec des identifiants fournis par l’association tutélaire.
Le portail donne accès en consultation à plusieurs types d’informations liées à la mesure de protection :
- Les coordonnées du mandataire référent et les dates clés de la mesure (début, renouvellement)
- Les mouvements financiers récents sur les comptes gérés, avec le solde disponible
- Les documents numérisés mis à disposition par l’association (courriers, décisions, attestations)
L’objectif affiché est de favoriser l’autonomie du majeur protégé en lui donnant une visibilité directe sur sa situation financière. Pour les familles, le portail évite les appels téléphoniques répétés au service tutélaire pour obtenir un solde ou une copie de document.
Limites du portail à connaître
Mon Proxima reste un outil de consultation. Le majeur protégé ne peut pas initier un virement, modifier un budget ou contester une écriture depuis le portail. Toute action transactionnelle passe par le mandataire via le logiciel Proxima.
L’accès dépend aussi de la volonté de l’association tutélaire d’activer le portail et de créer les identifiants. Toutes les associations utilisant Proxima ne proposent pas systématiquement Mon Proxima à leurs protégés.

Hébergement des données et conformité pour les associations tutélaires en France
Les données traitées dans Proxima relèvent de catégories sensibles : état civil, patrimoine, revenus, dépenses de santé, décisions judiciaires. L’hébergement en France est un critère que les associations tutélaires vérifient lors du choix ou du renouvellement de leur logiciel.
Proxima propose un hébergement des données sur le territoire français, ce qui simplifie la conformité au RGPD et aux exigences spécifiques du secteur de la protection juridique des majeurs. Les sauvegardes, les accès et les transferts restent dans un cadre juridique national.
Pour une association tutélaire, cet aspect n’est pas théorique. Les contrôles de la CNIL et les audits internes portent sur la localisation des données, les durées de conservation et les droits d’accès. Un logiciel dont l’hébergement est clairement situé en France réduit la charge de justification lors de ces contrôles.
Proxima et Mon Proxima en 2026 : l’articulation qui compte
Le duo Proxima / Mon Proxima fonctionne comme un système à deux faces. Le logiciel gère la comptabilité, la GED, la correspondance et les échéances côté professionnel. Le portail ouvre une fenêtre de consultation côté majeur protégé et famille.
L’atout principal pour une association tutélaire en 2026 réside dans la cohérence entre le socle documentaire exigé par le décret n° 2024-659 et la capacité du logiciel à produire ce socle sans ressaisie. Le contrôle des comptes de gestion devient un export, pas une reconstitution.
L’activation de Mon Proxima, quand elle est effective, ajoute une dimension de transparence vis-à-vis des familles et des juges des tutelles. Cette transparence ne remplace pas le travail du mandataire, mais elle réduit les frictions administratives qui consomment du temps sans valeur ajoutée pour la personne protégée.

